Rencontre entre la légende du Domaine d’Échoisy
& l’enthousiasme de l’Oasis du Coq à l’Âme
Le Domaine d’Échoisy, porteur d’une histoire millénaire, est un patrimoine local remarquable, qu’il convient d’appréhender pour inventer demain.
Il s’est organisé au cours du temps comme un hameau mêlant lieux d’activités paysannes, artisanales, et industrielles, avec les fours à chaux inscrits aujourd’hui aux monuments historiques.
Le Domaine, trop coûteux à entretenir pour une petite commune, se délabre gravement.
Depuis 2010 plusieurs acquéreurs potentiels ont imaginé des projets privés qui n’ont pu se réaliser.
Les bâtiments sont à l’abandon, le Domaine devient une friche rurale, et industrielle à la fois.
Le collectif de citoyens l’achète en 2021.










Une longue histoire, une implantation humaine ancienne
Ce lieu est né du déboisement de la Forêt de Boixe par les moines défricheurs de l’époque Romane, XIème et XIIème siècles.
Durant 10 siècles, une traversée d’épisodes plus ou moins chaotiques.
Se sont succédés les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Amand de Boixe et les moines de Cluny, jusqu’au 15ème siècle.
Dès 1550, par l’installation des Seigneurs de Choisy, ces terres furent le centre d’une seigneurie de moyenne importance et le fief d’une maison aristocratique aux XVIe et XVIIIe siècles. Le logis (Maison Noble) fut construit au XVIIe siècle auprès des métairies et des moulins. Les différents successeurs feront vivre cette unité d’exploitation de 140ha jusqu’en 1851, époque à laquelle le marquis de la Fare exigea la destruction du château.
Démarre alors une nouvelle ère, industrielle sur les 43ha restants, avec en 1854 la construction et l’exploitation des Fours à Chaux en parallèle de l’exploitation viticole et de la distillerie de vins de Cognac .L’usine de chaux est construite par Modenel & Cie, qui l’exploite jusqu’en 1956. La réputation des chaux d’Echoisy était excellente et, pendant la Première Gurenne mondiale, les commandes de la Marine affluèrent. La plate-forme de cassage se trouve près du hangar des gueulards où s’opérait le chargement des fours (quatre fours de modèle à courte flamme et cuisson continue pour la chaux hydraulique, deux fours à chaux lourde).
L’intérêt de cet établissement réside surtout dans la cohérence de l’ensemble qui témoigne de toute la chaine de production, depuis l’extraction dans la carrière jusqu’à l’expédition de la chaux par wagonnet, sans oublier les machines et les outils.
En 1954, l’usine ferme sous la pression du marché.
La transmission
En 1994 cette usine est inscrite aux monuments de France et la commune de Cellettes, qui rachète le Domaine pour y faire vivre une activité de réhabilitation, d’accueil, de production ainsi que des activités culturelles au travers de l’association de sauvegarde créée pour soutenir ce projet.
Les citoyens se mobilisent pour sauver ce lieu cher à la culture locale. Mais le chantier est lourd, et en 2010, la commune souhaite passer la main…
Pour cela, le Domaine est partagé en deux propriétés distinctes :
- Celle du Moulin et de ses deux Gîtes. Située au bord et sur la Charente, cette parcelle enjambe le fleuve.
- Celle avec Les Fours à Chaux, le Logis Noble, Le Corps de Ferme, le château d’eau et les vestiges d’un moulin à vent.
La Transition économique, écologique et sociétale
Dans le même temps, partout en France, des citoyens se mobilisent pour aller vers un demain soutenable, désirable.
Des projets de transition économique, écologique, énergétique et sociale naissent sur des territoires qui s’engagent. Des experts et chercheurs observent, évaluent leurs résultats et accompagnent leur expérience.
Parmi eux, l’Oasis du Coq à l’Âme qui, depuis 2016, est porté, réfléchi et construit par une trentaine de personnes (20 foyers) de toutes générations, de toutes professions. Elles se sont regroupées autour de la conviction profonde qu’elles pouvaient développer des activités locales, porteuses de lien social, de solidarité, et de respect de l’environnement.
Plutôt que de faire de longs discours, passons à l’action pour soutenir et inspirer ce à quoi tout un chacun peut aspirer : une vie d’humain épanouie grâce à des relations riches et généreuses, dans une nature respectée.
Le 26 mars 2021, le projet de l’Oasis du Coq à l’Âme a croisé la route du Domaine d’Échoisy, ce lieu déjà pensé pour allier vie sociale, activités humaines, productions nourricières au rythme de la nature et de la beauté.
Nous avons, comme beaucoup, été kidnappés par le charme et la puissance de ce lieu qui appellent à revivre.
Merci à tous les gardiens de ces espaces et de ces intentions.
Depuis 1997, le Domaine d’Échoisy, était apprécié comme lieu d’échanges et de convivialité.
Aujourd’hui devient un lieu d’expérimentation d’une transition économique, écologique et sociétale, dans l’élégance de la sobriété heureuse.
QUELQUES DATES sur plus de 1000 ans
Au moyen âge (fin du Ve siècle à la fin du XVe siècle), les moines défricheurs établissent un prieuré.
Sous l’ancien régime (période historique qui débute au XVIe siècle et prend fin en 1789 quand la République française est créée. L’Ancien Régime est donc un mode de gouvernement basé sur la monarchie.), c’est le fief de la seigneurie des marquis de Lesmerie.
Le 7 janvier 1595 Joseph de Lesmerie (Échevin d’Angoulême) devient propriétaire du domaine.
Echoisy est lié au patrimoine des Lesmerie durant plus de deux siècles (1595 – 1802)
Les premiers écrits mentionnent la Maison Noble en 1615
Jean-Jacques de Lesmerie établit le plan ci-derrière en 1785, qui présente l’implantation du château et des 130 ha de terres. Il touchaient le droit de péage sur le bac de la Charente. C’est lui qui fait construire le nouveau logis (château) en contrebas du vieux logis, à proximité du fleuve.
Fin du 18eme (1790), un grand chai et une brûlerie sont aménagés dans la ferme du château (polyculture et élevage).
Fin du 18eme le logis semble avoir perdu son étage plein, que pouvaient supporter ses murs.
Construction de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux (1840)
En 1838 le comte de Bizemont, propriétaire d’Echoisy, reconvertit le Moulin Neuf en scierie et bâtit un moulin à vent près de l’allée du Renclos. Il a été abandonné et reconstruit en pigeonnier.
08 février 1851 Jean-Auguste Modenel achète le domaine et ses 45,5 ha, rénové à grands frais la Maison Noble et doit, par volonté testamentaire du Seigneur de la Fare, déconstruire le château implanté dans le maraîchage.
En 1852 Jean Modenel construit deux premiers fours, auxquels s’ajouteront 6 autres, en Trois tranches.
en 1867 une orangerie est bâtie dans le jardin et trois habitations ouvrières ferment la cour de ferme.
En 1891 la veuve de Modenel s’associe avec Edouard et Georges Gaudry.
En 1898 modernisation à la vapeur avec arbres, poulies, engrenages. Environ 50 ouvriers y travaillaient.
En 1901 agrandissement des chais et aménagement du hangar des pressoirs, cuves et distillerie de deux chaudières de 6 hectolitres.
En 1937 la famille Gaudry deviennent les propriétaires, jusqu’en 1993 (mort de Jean Gaudry)
En 1946, à la sortie de la guerre, l’électrification fait fonctionner l’usine avec 11 ouvriers.
Septembre 1956 les Gaudry liquident l’entreprise de chaux, dépassée par le ciment moderne.
Jean Gaudry, maire de Cellettes conserva le Domaine jusqu’à sa mort en 1993.
De 1993 à 1996, la commune de Cellettes rachète les 40 ha du domaine, sous l’impulsion de Claude BONNEFON
2003 la communauté de communes du pays Manslois poursuit le projet d’accueil de personnes. Après 2 ventes avortées, la Mairie signe l’acte définitif de vente le 09 Décembre 2021 avec l’Oasis du Coq à l’Âme, suite au sous seing le 04 juin 2021.